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Communiqué de presse : environnement

Traitement par hélicoptère à la deltaméthrine, contre la chrysomèle du maïs.

Arthropologia, association naturaliste

Communiqué le 02/09/2008
De nombreuses communes de l'est et du sud de l'agglomération lyonnaise sont concernés. Faune sauvage, milieux naturels, populations humaines, tout le monde sera touché.



Message envoyé au Préfet de Région et au Service de la Protection des Végétaux de la Direction Régionale de l'Agriculture et de la Forêt.

Objet : traitement à la deltaméthrine contre la chrysomèle du maïs


M. Gérault, Préfet de Région Rhône-Alpes,
M. Dumez, Service Régional de Protection des Végétaux, DRAF Rhône-Alpes


Nous avons appris qu’une autorisation d’épandage de Décis (Deltaméthrine) avait été signée, pour le traitement des parcelles de maïs attaquées par la chrysomèle de cette céréale.

De par les objectifs qu'elle s'est donnée et qu'elle défend, notre association se voit dans l'obligation de vous informer que l’usage à grande échelle (et l’épandage par traitement aérien en est une) de la deltaméthrine causera des dégâts énormes sur la faune sauvage. Je me permets donc ici de vous transmettre quelques informations qui ne vous ont peut-être pas encore été transmises.

Tout d’abord la France épand plus de 70 000 tonnes de pesticides chaque année, dont près de 80 % sont utilisés en pure perte, c’est-à-dire qu’ils n’atteignent pas leur cible (disséminés par les vents, lessivés les pluies…), mais polluent gravement l’environnement. A ce propos, l’IFEN (Institut Français de l’Environnement, coordonné par le Ministère de l’Ecologie) a publié une étude en 2007, indiquant que 91% des eaux de surface et 59 % des eaux souterraines contenaient des traces de pesticides…
Ne pensez-vous pas qu’il est aujourd’hui grand temps de prendre de vraies mesures pour réduire de façon drastique cette consommation effrénée et dangereuse pour l’Environnement, comme pour la santé humaine ? Comment réduire cette omniprésence des pesticides dans notre environnement, sans mettre un terme à ces modes de traitements particulièrement dévastateurs ?

Il y a déjà près de 25 ans, plusieurs études montraient les effets létaux et sub-létaux de la deltaméthrine sur les abeilles de ruches (Apis mellifera) et nombre d’autres organismes non-cibles, dont une large part d’utiles…
Aujourd’hui les données se sont affinées et l’on connaît plusieurs éléments qui devraient nous décider à ne plus faire les mêmes erreurs, à ne plus employer un certain nombre de molécules hautement toxiques et rémanentes.
A cela s’ajoute le fait que la deltaméthrine (comme toute substance chimique) interagit avec d’autres molécules et notamment des fongicides, aussi largement employés. Le cocktail est alors encore beaucoup plus toxique.
De plus, sachez que le terme "abeilles" englobe près de 1000 espèces en France, toutes très différentes, aux mœurs et besoins également très variées, en termes de fleurs, de sites de nidification… Or dans les ruches, on n’élève qu’une seule espèce. Ainsi, l’intoxication des milieux est un sérieux souci pour les apiculteurs, dont les cheptels sont déjà gravement atteints et les conséquences économiques catastrophiques. Cependant, s’agissant de la Faune apicole sauvage, le problème est encore plus préoccupant, car là nous parlons du maintien de la diversité des formes végétales dites supérieures (plantes à fleurs) : les insectes (essentiellement les abeilles) pollinisent directement plus de 80 % des plantes dans le monde, dont 84 % des plantes cultivées. La pollinisation est donc un rôle prépondérant joué par les abeilles dans les écosystèmes naturels et un facteur essentiel de la production agricole.

En outre, le Recueil des effets non intentionnels des produits phytosanitaires*, ouvrage collectif publié en 2002 par l’UIPP (Union des Industries de la Protection des Plantes, qu’on ne peut donc pas taxer de parti pris - ou en tout cas, pas de parti pris pour la Nature), et l’ACTA (Association de Coordination Technique Agricole) nous donne quelques éléments très importants :
La deltaméthrine impacte fortement à très fortement de nombreuses espèces d’organismes utiles et auxiliaires, comme : les carabes, et staphylins, les punaises prédatrices, les chrysopes, les coccinelles, les perce-oreilles, les ichneumons… Ce sont là pourtant les vrais régulateurs des populations de ravageurs.
Par ailleurs, cette molécule favorise (parfois ou souvent) d’autres organismes nuisibles et notamment plusieurs espèces d’acariens ; ce qui est un comble, vous en conviendrez.

Notez que, par ailleurs, l’usage de la deltaméthrine aux Etats-Unis n’est absolument pas concluant en ce qui concerne la lutte contre cette chrysomèle du maïs et son efficacité même contre ce ravageur est dès lors sérieusement remise en doute. Pourquoi aurions-nous des effets différents ici ?


La mesure prioritaire, bien avant de penser à intoxiquer l’ensemble des milieux, reste une réelle rotation des cultures qui, en supprimant le support de ponte des chrysomèles, réduira ou anéantira les populations. La rotation permet de plus une régénération des sols, trop souvent épuisés par  les cultures intensives. D’autre part, le maïs est une culture très gourmande en eau, et le fait de changer quelques années ne sera que bénéfique pour les nappes phréatiques.

Ce sont autant d’arguments que nous sommes prêts à venir directement vous exposer. Aussi à la lecture de ce message, j’espère que vous jugerez à sa valeur réelle, l’impact fortement négatif  pour l’environnement rhodanien qu’aurait un usage démesuré (une pulvérisation par hélicoptères plus que tout) de deltaméthrine, comme nombre d’autres pesticides.

Nous restons à votre disposition pour de plus amples informations.
Recevez Messieurs nos sincères salutations.

Hugues Mouret, directeur d’Arthropologia.


*Références de l’ouvrage cité :
Coll. 2002. Recueil des effets non intentionnels des produits phytosanitaires, ACTA, UIPP ; Deltaméthrine, pp. 159-162


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Arthropologia
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Ce message est également envoyé par voie postale, LRAR.
Copies : M. Dumez, SRPV, DRAF Rhône-Alpes
M. Gérault, Préfet de Région

Contact presse :
Arthropologia



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